Moral (adjectif)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Adjectif 

I.
(pl. Moraux, -ales ). XIII e siècle. Emprunté du latin moralis, de même sens.
1. Qui relève de la pensée, des facultés intellectuelles ou psychiques, par opposition à Matériel, Physique, Corporel. Causes es. Preuves es. Certitude e, voir . Mal physique et mal . Force e. Prodiguer un réconfort à quelqu'un. Caution e, voir . . Dommage , qui est causé aux sentiments, à la dignité, à l'honneur d'une personne. Élément de l'infraction, intention délictueuse ou criminelle, qu'on distingue des éléments matériels de l'infraction. Intérêt . Le droit d'un auteur sur son œuvre, qui comprend les droits de divulgation, de repentir, ainsi que le droit au respect de la paternité et de l'intégrité de l'œuvre. Personne e, groupement de personnes ou de biens possédant, en raison de ses droits actifs ou passifs, une existence civile distincte. Les associations, les sociétés sont des personnes es.
2. Qui concerne l'étude des mœurs. Doctrine, philosophie, théologie e. Les œuvres es de Plutarque. Les « Contes moraux » de Marmontel.
3. Qui a rapport au bien et au mal, aux principes qui gouvernent nos actes. Préceptes moraux. Valeurs es. Rigueur e. Autorité e. Loi e, loi que chacun porte en soi et qui dicte ce qu'il faut faire et ne pas faire. Conscience e, connaissance intime de ce qui est conforme ou contraire à la loi e. Sens , discernement de ce qui est conforme ou contraire à la loi e. Avoir perdu tout sens . Spécialt. Ordre , se dit, par référence à la politique menée sous la présidence de Mac-Mahon, d'une politique ou, plus généralement, d'une idéologie qui prétend régenter les comportements individuels. Les tenants de l'ordre . Par ext. Qui est conforme aux bonnes mœurs, à la e. Une conduite fort e. Un discours très . Cela ne semble guère . Un livre , édifiant ou isateur.
4. Vertus es, par lesquelles l'homme est porté à bien agir même sans la grâce, par opposition aux vertus théologales, qui sont fondées sur la grâce et ordonnent l'homme directement à Dieu. S'il ne cultivait pas les vertus chrétiennes, il observait du moins les vertus es.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Adjectif 

Qui concerne les moeurs. "Doctrine, philosophie, théologie e. Les oeuvres morales de Plutarque. Préceptes moraux. Réflexions es. Contes moraux."
MORAL signifie encore Qui a rapport à la règle des moeurs.
"Loi e," Loi que chacun porte en soi et qui nous dicte ce qu'il faut faire et ne pas faire.
"Conscience e," Connaissance intime de ce qui est conforme ou contraire à la loi e.
"Sens ," Discernement de ce qui est conforme ou contraire à la loi e. "Avoir perdu tout sens ."
MORAL signifie aussi Qui a des moeurs, qui a des principes et une conduite conforme à la e. "Cet homme, qui passait pour fort , n'était qu'un hypocrite."
Il se dit aussi des Choses et signifie Qui est conforme aux bonnes moeurs. "Ce livre, ce récit est très ."
Il se dit encore de Ce qui ne tombe point sous les sens. Dans cette acception, il est opposé à Physique. "Le monde . Causes es. Preuves es. Sciences es. Malgré l'affaiblissement de ses forces physiques, ses forces es, ses facultés es n'ont rien perdu de leur énergie. Souvent on supporte plus facilement le mal physique que le mal moral. Ce mot s'emploie au sens dans beaucoup d'acceptions."
"Certitude e," Certitude fondée sur de fortes probabilités. Il est opposé à Certitude matérielle. "Nous n'en avons point la preuve matérielle, mais nous en avons la certitude e."
Dans la langue théologique, "Vertus es," Celles qui ont pour principe les seules lumières de la raison, par opposition à Vertus surnaturelles. "S'il n'eut pas les vertus chrétiennes, il eut du moins les vertus es."
MORAL s'emploie substantivement, au masculin, et désigne l'Ensemble de nos facultés morales. "Le physique influe beaucoup sur le , et le sur le physique. Il est mieux partagé au physique qu'au . Cet homme est bien malade, le même est affecté."
Il signifie encore État d'esprit, dispositions, sentiments. "Remonter le . Le des troupes était excellent."



Dictionnaire d'Emile Littré

Adjectif 



 1   Qui concerne les moeurs. Préceptes moraux. Réflexions es. Les oeuvres es de Plutarque. Sens, instinct .
    Contes moraux, contes où l'auteur a l'intention de faire ressortir une leçon de e.
GENLIS: « Tu fais grand cas des contes moraux.... Oui assurément ; cependant ils ne me paraissent pas tous moraux, à beaucoup près »
    Vertus es, celles qui ont pour principes les seules lumières de la raison.
FLÉCH.: « Un homme doux qui a su tempérer l'austérité des lois et de la justice... ; un chrétien qui a consacré ses vertus es et politiques par une piété simple et sincère »
    Théologie e, partie de la théologie qui traite des cas et de tout ce qui appartient à la conscience.
    Folie e, voy. FOLIE.

 2   Qui est conforme aux bonnes moeurs. Ce livre, ce discours est fort .
STAËL: « Il n'y a rien de si facile que de se donner l'air très , en condamnant tout ce qui tient à une âme élevée ; le devoir... peut être dénaturé »

 3   En parlant des personnes, qui a des moeurs, une conduite conformes à la e. Un homme . Un écrivain .
    Substantivement.
VOLT.: « Horace, tantôt le débauché, tantôt le , a dit.... »

 4   Qui, dans l'être humain, est du ressort de l'âme, par opposition à ce qui est du ressort du physique. Les facultés es. Le mal . Le monde . Sciences es. Ce mot s'emploie au sens dans beaucoup d'acceptions.
VOLT.: « Pour connaître l'homme qu'on appelle , il faut surtout avoir vécu et réfléchi »
J. J. ROUSS.: « Nos maux moraux sont tous dans l'opinion, hors un seul, qui est le crime, et celui-là dépend de nous ; nos maux physiques se détruisent ou nous détruisent »
BONNET: « Les choses qu'on nomme es ne sauraient être ramenées au calcul »
    Dans l'interprétation de l'Écriture sainte, on distingue le sens littéral, le sens , le sens allégorique, etc.
    Action e, l'action d'un agent capable de choisir et de refuser librement, au lieu que l'action physique n'est qu'une action aveugle de la nature.
    Terme de philosophie. Certitude e, certitude fondée sur des témoignages ordinaires, tels que le récit d'autrui, l'expérience et les règles ordinaires de la sagesse. Il est opposé à certitude physique.
    On dit, dans un sens analogue, impossibilité e. Les marchands faisant leur déclaration d'un grand nombre de vaisseaux de différentes espèces, il se trouvera toujours dans une impossibilité e de faire une réduction juste, Arrêt du conseil d'État, 25 sept. 1688.

 5   S. m. Le , l'ensemble de nos facultés es. Le physique influe sur le , et le sur le physique.
BUFF.: « Nous ne sommes donc jamais trop vieux si notre n'est pas trop jeune »
J. J. ROUSS.: « Si le physique va trop bien, le se corrompt »

 6   Fermeté à supporter les périls, les fatigues, les difficultés. Son s'est relevé. Remonter le d'une armée.

 7   Ce qu'il y a de en quelque chose.
BUFF.: « Qu'est-ce en effet que le de l'amour ? la vanité »

HISTORIQUE
    XIVème siècle
ORESME: « Nous disons que des vertuz les unes sont intellectuelles, les autres sont es »
ORESME: « En françois, ces mos meur et ne sont pas en usage commun »
    XVème siècle
E. DESCH.: « De philosophie morele, Et celle qui est naturele »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. et esp. ; ital. e ; du lat. is, qui vient de mos, moris (voy. MOEURS).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Adjectif 


Qui concerne les moeurs. "Un discours . Doctrine, philosophie, théologie e. Les oeuvres es de Plutarque. Sens, instinct . Préceptes moraux. Réflexions es. Contes moraux."
"Vertus es," Celles qui ont pour principe les seules lumières de la raison. "S'il n'eut pas les vertus chrétiennes, il eut les vertus es."
"Ce livre, ce discours est fort ," Il renferme une e fort saine.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Qui a des moeurs, qui a des principes et une conduite conformes à la e. "Cet homme, qui passait pour fort , n'était qu'un franc hypocrite".



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore De ce qui ne tombe point sous les sens, de ce qui est uniquement du ressort de l'intelligence. Dans cette acception, il est opposé à Physique. "Le monde . Causes es. Preuves es. Qualités es. Il y a des démonstrations es aussi convaincantes que les démonstrations matérielles, physiques, sensibles. Malgré l'affaiblissement de ses forces physiques, ses forces es, ses facultés es, n'ont rien perdu de leur énergie. Souvent on supporte plus facilement le mal physique que le mal . Ce mot s'emploie au sens dans beaucoup d'acceptions".
"Certitude e," Certitude fondée sur de fortes probabilités, telle qu'on peut l'avoir dans les choses ordinaires de la vie. Il est opposé à Certitude physique. "Nous n'en avons point de démonstration rigoureuse, mais nous en avons une certitude e."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie substantivement, au masculin, et signifie, L'ensemble de nos facultés es. "Le physique influe beaucoup sur le , et le sur le physique. Il est mieux partagé au physique qu'au . Cet homme est bien malade, le même est affecté."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Adjectif 


Qui regarde les moeurs. "Un discours . Doctrine morale. Théologie e. Les OEuvres morales de Plutarque. Sens . Préceptes moraux. Réflexions es".
On appelle "Vertus es," Celles qui ont pour principe les seules lumières de la raison. "Il ne suffit pas d'avoir les vertus es, il faut encore avoir les vertus chrétiennes".
On dit, "Cela est fort ," pour dire, Cela renferme une e fort saine.
On dit d'Un Prédicateur, qu'"Il est fort ," pour dire, qu'Il traite bien ce qui regarde les moeurs, et que c'est à quoi il s'attache davantage.
On dit, "Certitude e," pour dire, Certitude fondée sur de fortes probabilités, telle qu'on peut l'avoir dans les choses ordinaires de la vie. Et dans cette acception, Certitude e s'oppose ordinairement à Certitude physique. "On n'en a point de démonstration rigoureuse, mais seulement une certitude morale".
On dit substantivement et au masculin, "Le ," pour dire, La disposition e. "Le physique influe beaucoup sur le , et le sur le physique".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Adjectif 


Qui regarde les moeurs. "Un discours . Cela est fort . Doctrine e. Théologie e. Les OEuvres es de Plutarque. Sens . Préceptes moraux. Réfléxions es & chrétiennes."
On appelle "Vertus es," Celles qui ont pour principe les seules lumières de la raison. "Il ne suffit pas d'avoir les vertus es, il faut encore avoir les vertus chrétiennes."
On dit, "Cela est fort ," pour dire, Cela renferme une e fort saine.
On dit d'Un Prédicateur, qu'"Il est fort ," pour dire, qu'Il traite bien ce qui regarde les moeurs, & que c'est à quoi il s'attache davantage.
On dit, "Assurance e, certitude e, sureté e," pour dire, Assurance vraisemblable, sureté apparente, certitude telle qu'on peut l'avoir dans les choses ordinaires de la vie. Et dans cette acception, Assurance, certitude, sureté e, s'opposent ordinairement à Assurance, certitude, sureté physique. "On n'en a point de démonstration géométrique, mais seulement une certitude e, une assurance e, une sureté e."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ALE, adj. MORALEMENT, adv. [3e "e" muet; "en", dans le 3e, a le son d'"an".] "Moral", 1°. qui concerne les moeurs. 'Discours "moral". Théologie "morale". Préceptes "moraux". Réflexions "morales". = Vertus "morales", qui n'ont pour principe que les lumières de la raison. 'Dieu a récompensé quelquefois les "vertus es" des Païens, par des prospérités temporelles.
- 2°. Certitude, assurance "morale", qui a le plus grand degré de vraisemblance. 'La "certitude e" est quelquefois à un tel degré qu'elle équivaut à la certitude métaphysique, et qu'elle exclut tout doute.
   MORALE, s. f. La science, la doctrine des moeurs. '"La e de" l'Évangile. 'On se fait aujourd' hui d'étranges systèmes de "morale". = Traité de "Morale". 'La "Morale d'"Aristote, "etc.~"
   "Rem." On dit, depuis peu, "faire de la e", comme on dit, "faire de l'esprit". 'Miladi "feroit de la e inutile". Ann. Lit. Je crois que cette expression s'emploie toujours indéfiniment, qu'elle ne comporte pas d'épithète, et qu'il faut dire: "ferait de la e inutilement".
   MORALEMENT a les deux sens de "moral", mais l'emploi en est fort borné. '"Vivre ement bien", suivant les seules lumières de la raison; lumières très-fautives. = "Moralement parlant", vraisemblablement. 'On peut dire, "moralement parlant", que, "etc." 'Cela est "moralement" impossible. Dans cette dernière phrâse, il est oposé à "métaphysiquement", et à "physiquement".



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Adjectif 


Appartenant aux moeurs. "Un discours . cela est fort . doctrine e. les Oeuvres Morales de Plutarque. sens . preceptes moraux. Reflexions Morales & Chrestiennes".
On dit, d'Un Predicateur, qu'"Il est fort ," pour dire, qu'Il traite bien ce qui regarde les moeurs, & que c'est à quoy il s'attache davantage.
On dit, "Asseurance e, seureté e," pour dire, Asseurance vray-semblable, seureté apparente: & alors "Morale" s'oppose à "Physique". Ainsi on dit, "On ne peut pas vous donner des seuretez physiques, mais il y a une seureté e à cela".




Emplacement dans le dictionnaire :

moquer (se)
moquerie
moquette
moquettes
moqueur
morâilles
morailles
moraillon
moraine

morale
moralement
moralisateur
moralisation
moralisé
moraliser
moraliseur
moraliste
moralité
moralité chrétienne
morate




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Edmond ROSTAND (Cyrano de Bergerac)

...furtivement essuyées, avec un revers de manche, un coin de manteau.) Carbon, à Cyrano, bas. mais tu les fais pleurer ! Cyrano de nostalgie ! ... un mal plus noble que la faim ! ... pas physique : moral ! J'aime que leur souffrance ait changé de viscère, et que ce soit leur coeur, maintenant, qui se serre ! Carbon tu vas les affaiblir en les attendrissant ! Cyrano, qui a fait signe au tambour...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...c'est à cause, non des services économiques qu'elle pourrait rendre, mais de l'influence morale qu'elle pourrait avoir. Ce que nous voyons avant tout dans le groupe professionnel, c'est un pouvoir moral capable de contenir les égoïsmes individuels, d'entretenir dans le coeur des travailleurs un plus vif sentiment de leur solidarité commune, d'empêcher la loi du plus fort de s'appliquer aussi...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...tels intérêts individuels, mais de l'intérêt corporatif, bien ou mal compris, il n'importe. Or, la subordination de l'utilité privée à l'utilité commune quelle qu'elle soit a toujours un caractère moral, car elle implique nécessairement quelque esprit de sacrifice et d'abnégation. D'ailleurs, beaucoup de ces prescriptions procédaient de sentiments moraux qui sont encore les nôtres. Le valet était...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...la religion tenait dans sa vie, tant à Rome qu'au moyen âge, met tout particulièrement en évidence la nature véritable de ses fonctions ; car toute communauté religieuse constituait alors un milieu moral, de même que toute discipline morale tendait forcément à prendre une forme religieuse. Et d'ailleurs, ce caractère de l'organisation corporative est dû à l'action de causes très générales, que l'on...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...dont elle aurait le privilège et qui ne se retrouveraient ailleurs à aucun degré. On se plaît à croire qu'il y a dans la consanguinité une cause exceptionnellement puissante de rapprochement moral. Mais nous avons eu souvent l'occasion de montrer que la consanguinité n'a nullement l'efficacité extraordinaire qu'on lui attribue. La preuve en est que, dans une multitude de sociétés, les...


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